Le communautarisme est une philosophie dite « communautarienne » qui soutient que « l’individu n’existe pas indépendamment de ses appartenances, qu’elles soient culturelles, ethniques, religieuses ou sociales. »

Le terme vient du latin « communis », formé de « cum » qui signifie « avec, ensemble » et de « munus » signifiant « charges, problèmes, dettes ». D’un point de vue strictement étymologique, le communautarisme désigne donc le fait de se mettre ensemble pour affronter des problèmes communs.

Selon Pierre-André Taguieff,

« le communautarisme est défini par ses critiques comme un projet sociopolitique visant à soumettre les membres d’un groupe défini aux normes supposées propres à ce groupe, à telle communauté, bref à contrôler les opinions, les croyances, les comportements de ceux qui appartiennent en principe à cette communauté. »

En France, le terme s’emploierait de manière péjorative et généralement idéologique pour désigner une sorte de menace qui pèserait sur la nation et les droits de l’homme, et qu’on oppose de façon équivoque autant au républicanisme qu’à la laïcité, au nationalisme, à l’universalisme ou à l’individualisme.

Gil Delannoi, chercheur au CEVIPOF, le définit ainsi:

« si le nationalisme est une obsession de la Nation, le communautarisme est une obsession de la communauté. »

Le communautarisme place une communauté hiérarchiquement au-dessus des autres et exige une forte cohésion de ses membres dans la quasi totalité des aspects de leur vie. S’y ajoute une différenciation compétitive voire combattante avec d’autres entités nationales ou communautaires.

En France, le mot “communautarisme” était quasiment absent dans la presse jusqu’en 1994.[réf. nécessaire] Selon Fabrice Dhume, entre 1994 et 1995, la fréquence du terme dans les dépêches AFP est multipliée par 15 ; puis entre 2001 et 2002, la moyenne annuelle est encore multipliée par 7. Selon Fabrice Dhume, l’année 1995 correspond à l’affaire Khaled Kelkal ; et l’année 2001 aux attentats du World Trade Center à New York. Dans ces deux cas, la notion de “communautarisme” est liée à la réalité du terrorisme islamiste. Selon ce chercheur, si le terme est au départ surtout appliqué à des musulmans, il est rapidement appliqué dans certains discours politiques et médiatiques également à d’autres situations et d’autres communautés (noires, asiatiques…etc), mais quasiment toujours dans un sens péjoratif.

Selon les adversaires du communautarisme[Qui ?] les droits d’un individu risquent de devenir différents en fonction de son appartenance à telle ou telle communauté, fondée sur une religion, une ethnie ou une communauté linguistique.

Pour les républicains, le communautarisme remet en cause l’espace public neutre, et empêche l’individu de se définir ou de se redéfinir : une fois membre d’une communauté, il devient difficile d’en sortir (par exemple, le Conseil français du culte musulman (CFCM), sous la pression de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), refuse d’accepter le droit à changer de religion pour les musulmans, et préfère que ne soit cité dans la charte, que la référence aux droits de l’homme et non à la seule liberté de changer de religion car cela accréditerait l’idée qu’il y ait quelque chose en islam qui limite cette liberté).

Pour ses défenseurs les plus extrêmes[Qui ?], aucune perspective n’existe en dehors de la communauté et il est impossible de se détacher de son histoire et de sa culture[réf. nécessaire].

Pour eux,

Il existe cependant des formes de communautarisme n’adoptant pas des positions aussi caricaturales[réf. nécessaire], souvent empreintes de fanatisme religieux et de traditionalisme [réf. nécessaire] gel belts for running. Pour eux[Qui ?], l’individu est simplement engagé dans une histoire dont il ne peut être totalement indépendant.

Il convient de distinguer le communautarisme des communautés. Cette distinction est faite par le CEVIPOF dans un article “autour du communautarisme” où ce dernier se dénote par sa fermeture et son emprise sur les parties de la communauté. Le communautarisme se défini par opposition à une autre identité.

Ainsi, Cyprien Avenel dans “sociologie des quartiers sensibles” considère que sont considérées souvent à tort comme communautaires des personnes issues de l’immigration où enfants d’immigrés. Il démontre que “plus on est pauvre, plus on est isolé socialement et plus l’univers de sociabilité se ferme au lieu de résidence”. Il parle alors de “sociabilité contrainte” pour expliquer la tendance en particulier aux “jeunes de quartier” à rester ensemble. En réalité, bien qu’englobés de façon très large comme “communauté arabo-musulmane” ou “immigrés”, ces groupes sont très hétérogènes, que ce soit dans leur façon de vivre l’islam (la majorité des 2e générations n’étant pas pratiquante) ou encore dans leurs origines et trajectoires sociales.

Si Isaiah Berlin défend une théorie où dans le cas où deux cultures se rencontrent, soit l’une cède le pas à l’autre (assimilation) soit les deux fusionnent (intégration), Gil Delannoi ajoute l’hypothèse négative: celle de la perte de la culture d’origine sans adhésion à la nouvelle culture. La ségrégation spatiale des couches populaires issues de l’immigration et les diverses discriminations (au faciès, à l’embauche etc) les confinant dans un espace de sociabilité réduit, ils ne peuvent accéder à la culture française, et en même temps, pour les enfants nés en France de parents immigrés, ils n’ont plus que des restes lointain de la culture de leurs parents.

En septembre 2006, le terme a été employé dans un article du Figaro.fr pour désigner l’attitude, jugée hostile par la Commission européenne, du gouvernement allemand d’Angela Merkel à l’égard des institutions européennes. Au niveau d’une communauté de pays, comme l’Union européenne, le terme peut être employé pour désigner une attitude ou une politique hostile à l’égard de cette communauté ou de ses institutions. Certains inversent le terme, présentant par exemple les défenseurs de la Communauté européenne comme communautaristes, auxquels s’opposent les souverainistes, en fait plus repliés sur leur communauté nationale.

Le communautarisme au Québec s’apparente beaucoup plus au communautarisme américain qu’au communautarisme français et se base sur un concept socio-ethnolinguistique. Il est presque exclusivement associé aux regroupements issus de l’immigration (Italo-québécois, Québécois d’origine haïtienne, Arméno-québécois, ou Irlando-québécois) incluant les Anglo-québécois qui sont également considérés comme une communauté historique (peuples fondateurs). En général, le terme de communautarisme ne s’applique pas aux autochtones du Québec. On va plutôt parler de « communauté autochtone » pour définir une population spécifique dans un territoire donné (Réserve ou établissement). Le facteur social n’étant pas nécessairement pris en compte.

Le mot serait apparu aux États-Unis dans les années 1980[réf. nécessaire]. Mais selon le militant contre le racisme Louis-Georges Tin, le mot y serait jusqu’à aujourd’hui très peu utilisé, mis à part dans les milieux ultra-conservateurs.

Le terme a été critiqué[Par qui ?] pour son usage jugé tendancieux pouvant servir à légitimer un discours raciste : le « communautariste », c’est toujours l’autre, une figure pathologique composite pointée du doigt comme une sorte d’ennemi de la nation. Selon le sociologue Fabrice Dhume, l’usage de ce mot révèle une forme subtile de nationalisme: il sous-entend que la seule communauté valable serait pour lui, la communauté nationale, et que les autres communautés seraient une menace à l’hégémonie du groupe majoritaire et dominant.

Ainsi, si Laurent Lévy, auteur d’un ouvrage intitulé Le spectre du communautarisme, le mot “communautarisme” se définit avant tout en creux, en définissant ce que les critiques du communautarisme condamnent quand ils se servent de ce mot. Si le mot communautarisme peut rencontrer des réalités sociales avérées, ce n’est le plus souvent pas dans l’un de ces sens qu’il est employé, mais plutôt dans le sens de ceux qui condamnent le communautarisme. «&nbsp hydration fanny pack;Le “communautarisme” n’existe pour l’essentiel que comme figure de ce qu’il faut rejeter. ».

De même selon Pierre-André Taguieff, « le “communautarisme” est d’abord un mot qui, dans le discours politique français depuis une quinzaine d’années, fonctionne ordinairement comme un opérateur d’illégitimation » et « le communautarisme est défini par ses critiques comme un projet sociopolitique visant à soumettre les membres d’un groupe défini aux normes supposées propres à ce groupe, à telle communauté, bref à contrôler les opinions, les croyances, les comportements de ceux qui appartiennent en principe à cette communauté ». Il avance ainsi : « Le terme “communautarisme” est utilisé, surtout en langue française (depuis les années 1980), pour désigner avec une intention critique toute forme d’ethnocentrisme ou de sociocentrisme, toute autocentration de groupe, impliquant une autovalorisation et une tendance à la fermeture sur soi, dans un contexte culturel dit “postmoderne” où l'”ouverture”, et plus particulièrement l'”ouverture à l’autre”, est fortement valorisée… »

Selon la sociologue Sylvie Tissot, le terme est constamment utilisé pour désigner des minorités ethniques ou religieuses, mais jamais l’entre-soi bourgeois, blanc et masculin qui structure largement le monde des décideurs économiques et politiques. Elle souligne également ce paradoxe : la « communauté » se voit « parée de toutes les vertus quand elle est nationale, et elle appelle une allégeance, un amour, un dévouement impérieux et exclusifs (un « bon communautarisme »). Elle devient suspecte dès qu’elle est régionale, sociale, sexuelle, religieuse, ou plus précisément dès que, sous ces différentes modalités, elle est minoritaire. » steel water bottle.

Pour de nombreux militants LGBT, il est indu de reprocher aux minorités discriminées leur « communautarisme » puisqu’elles sont précisément exclues par le groupe majoritaire. Selon Yohann Roszéwitch, ex-président de SOS homophobie: « Les accusations de communautarisme sont fréquentes de la part des opposants à l’égalité des droits. Moi je n’emploie pas le terme communautarisme. »